Résumé : Un colosse, vigile dans les salles de concert, et une strip-teaseuse, au ventre couturé de cicatrices, partagent une histoire d’amour… L’employé d’un abattoir sauve un veau de la mort et le laisse seul dans l’usine fermée pour le week-end. A sa sortie de l’hôpital, un homme part se reposer dans le Sud avec sa vieille maman. Trois adolescents livrés à eux-mêmes entendent un bruit inconnu qui pourrait bien être celui de la fin du monde. Tous ces personnages prennent vie en quelques phrases, suivent leur pente et se consument. Il suffit d’un contact, peau contre peau, d’un regard, d’une caresse, pour racheter l’humanité. Raphaël Haroche nous décrit dans un style fin et épuré les états d’âme d’êtres malmenés. Les questions qu’il pose au lecteur sont profondes, inattendues, parfois drôles ; elles sont toutefois traitées de telle manière que l’étrangeté ou le tragique touchent au poétique, au sensoriel.

Édition : Gallimard (collection Blanche)
Pages : 166
Prix : 17,50

     J’ai toujours été admiratrice de la plume et du style du Raphaël auteur-compositeur-interprète, cela fait 12 ans que je le suis, alors imaginez ma joie lorsque j’ai appris qu’il sortait un livre : le rêve absolu pour moi ! Je le considérais déjà comme un écrivain, et là je peux enfin dire officiellement qu’il l’est.
     Je n’attendais rien de ce livre, j’étais juste heureuse de l’avoir dans les mains, de me plonger dans ses univers une nouvelle fois, et de voir ce qu’il peut apporter à la littérature.

     Il m’a conquise, encore et toujours. Ces 13 nouvelles sont perturbantes, pertinentes, frustrantes et bouleversantes.

     Elles sont toutes différentes mais je trouve qu’au final elles s’entremêlent. Si vous vous attendez à un livre doudou qui remonte le moral, ne touchez pas à ce livre. Si vous vous attendez à une leçon de vie toute en poésie : allez-y ! 
Chaque nouvelle est un questionnement, chaque nouvelle nous immisce dans la vie de ces gens ; chaque nouvelle nous met à leur place ; chaque nouvelle ne nous laisse pas indemne ; et chaque nouvelle nous montre à quel point la vie passe en un éclair. Toutes les 13, sans exception ! 

     Comment fait-il pour aborder ces sujets du quotidien que tout le monde fuit comme la peste, que tout le monde fait semblant de ne pas voir, avec tant de recul, de simplicité, d’empathie ? Le talent ! Il aborde des questions dures mais réelles. Il nous montre qu’il faut voir plus loin que le bout de son petit nez. Il nous prouve que tout peut arriver, à tout moment, et quand cela nous touchera, que ferons-nous ? Fuirons-nous encore, ou essaierons-nous de nous battre et de crier à l’aide ?

     On a envie d’aider ces gens à s’en sortir, de leur parler ou de les prendre dans nos bras pour leur dire que ça ira, de les engueuler, de les claquer dans le mur, de les aimer, de les remercier, ou encore de les protéger. Je suis passée par la tristesse, l’angoisse, l’anxiété, l’énervement au plus haut point, et paradoxalement cela fait du bien.

     Il réussi à rendre les personnages tellement touchants ou détestables ! J’ai l’impression d’avoir fait partie de leur vie durant chaque ligne de ces pages remplies de musicalité. Et c’est là que Raphaël montre son ingéniosité. Son écriture musicale est mélangée à une étrangeté qu’on ne voit nulle part. Il joue avec les phrases, les mots, la ponctuation, ce qui donne envie de chanter au monde entier ce que peuvent éprouver ces personnages, ce que peuvent éprouver des gens que l’on côtoie ou que l’on croise tous les jours.

     Les nouvelles paraissent même trop courtes ! J’aurais aimé en savoir plus, connaitre la suite, leur fin. Mais en réfléchissant, il est vrai que ce qu’il nous livre est suffisant. Tout est bien découpé, ça va vite à lire, mais on vit tellement de choses dans cette rapidité que chaque nouvelle vaut un roman. La morale est parfaite. Regardez et aidez ceux qui vous entoure de près ou de loin, un jour vous pourriez être à cette place. Aimez votre vie, faites en sorte qu’elle vous rende heureux, n’ayez pas peur.

     Je suis heureuse d’avoir lu du grand Raphaël. Je ne peux que vous le conseiller ! Je suis à la limite du coup de cœur, je pense attendre quelque jour pour me prononcer. Pour l’instant, je lui donne 18/20.

Et vous, ce livre vous tente-t-il ? L’avez-vous lu ?

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